| 27 Juillet 2010
Au mois d’avril dernier, je vois que je peux prendre quelques vacances la 2ème quinzaine de juillet. Je réfléchis rapidement aux 2 options qui me feraient plaisir pour celles-ci : une belle course ou le GR 20. Rapidement, je me décide pour un trail… Je prends alors le calendrier des courses en Savoie – Haute Savoie. Pas grand-chose… Ah si, la 6000D !
Un peu trop long pour moi (habitué aux courses pour enfants, dixit Jéjé), un peu trop de dénivelé aussi (pour ma frêle musculature) mais j’ai le temps de m’entraîner un peu d’ici là…
Alors c’est parti ! Je valide mon inscription après Savoie Rando Lac (pas de blessure, ni de fatigue) et commence alors ma longue préparation par 3h de sortie longue sous la pluie, dès le lendemain.
Depuis fin mai, je me suis donc entraîné 4 à 5 fois par semaine : une ou deux séances de fractionné (vma, seuil, côtes, montées-descentes (merci Gillou)), une montée sèche (merci Baptiste), une sortie longue, une ou deux fois du vélo tranquillou.
J’avais de gros progrès à faire en montagne et en endurance alors il me fallait bien ça pensais-je. Toutefois je n’ai pas trop augmenté mon temps hebdomadaire d’entraînement par rapport à ce que je faisais depuis quelques mois.
J’ai respecté presque à 100% le plan que je me concoctais semaine après semaine, en fonction de mon boulot (ma femme et mes enfants me laissent assez libres de ce côté-là ;-)).
Après un mois et demi d’entraînement mais aussi de travail intense (une quarantaine de journées de boulot quand même en un mois et demi), le jour J approche ENFIN ! :-)
Je consacre la dernière semaine à un repos mérité (séance de 10 x 300m mardi et ce fut tout) et à mes parents qui viennent passer quelques jours de vacances.
Vendredi soir, direction la charmante cité d’Aime où je passe la soirée en tête à tête avec quelques charmantes et souriantes pâtes qui se laissent dévorer sans résister.
De retour à l’hôtel, je prépare minutieusement (il paraît que je suis un peu maniaque ;-)) mes p’tites affaires : des chaussures à la casquette, du sac aux bâtons… en passant par le tee-shirt xtratrail (merci Jéjé pour l’envoi rapide)… que j’ai lamentablement oublié sur mon étendage avant de partir (ça commence bien ! :-()… J’avais pris le soin de tout prendre en double, donc je courrai en vert (je suis alors plein d’espoir pour le lendemain ;-)) et pas en blanc :-(
Morphée m’appelle alors et je m’endors dans ses bras…
Samedi matin, réveil précoce mais un peu difficile : stressé le gars on dirait ;-) La nuit ne fut pas trop mauvaise, mais un peu chaude quand même…
Direction ensuite le retrait des dossards avant un tout petit échauffement (ouf, les jambes ont l’air d’aller… Pas couru depuis mardi, juste randonné en famille) et c’est l’heure d’entrer dans le sas de départ.
Je salue le bienfaiteur de la càp en pays de Savoie, l’ami Pelloche (que je dois remercier pour ses précieux conseils quant à la gestion de course et son détail parfait du profil !) et c’est parti !
J’avais un vague objectif de temps (difficile de savoir quand on est en terrain complètement inconnu) : entre 7h et 7h30. Mais comme j’aime bien ne pas atteindre mes objectifs, je me dis que je vais essayer de partir sur les bases de 7h (j’avais noté mes temps de passage grâce au site softrun.fr qui est excellemment conçu pour cela).
Je pensais que les premiers allaient partir sur les bases de 15-16 km/h sur les 1ers kilomètres roulants mais il m’a semblé qu’ils étaient bien + rapides. Donc, moi qui pensais partir à 12 km/h, je me suis vite retrouvé poussé par le peloton bien + vite que prévu…
Après quelques kilomètres relativement plats (sur route puis piste) pour étirer le peloton, la longue ascension vers le Glacier de Bellecôte, point culminant de la course pouvait commencer : une côte régulière au début sans trop forts pourcentages où les bâtons trouvaient toutefois leur pleine utilité.
On traversait d’abord Longefoy puis Montalbert où les spectateurs et leurs cloches nous encourageaient.
Quelques petits « coups de c… » et une petite descente (100 m- environ) bienvenue + loin, arrivait le ravito de La Plagne Centre au km 19 (km 16 à mon GPS de mémoire). Petite pause rapide (un verre de Coca… Non, c’était du Pepsi d’ailleurs) et c’est reparti… à la montée ! Les jambes sont bonnes mais le cœur est un peu haut…
Direction la Roche de Mio quelques centaines de mètres de dénivelé + haut… dans le brouillard et le froid. Rapidement, je me rends compte que j’aurais dû manger un peu au ravito précédent :-( Les jambes ramollissent un peu et les relances se font déjà + difficiles. Je m’en veux un peu d’avoir commis cette erreur de débutant (mais relativise vite car je ne suis qu’un débutant après tout ;-)). J’avale une p’tite MuleBar… et ça repart ! Enfin, « ça repart » c’était pour la rime car je ne retrouve pas d’énergie si vite que ça… surtout que le froid me gagne les mains. J’arrive encore à avancer au même rythme que les autres concurrents de la course et un peu + vite que les derniers du Trail des 2 Lacs (ça rassure toujours ;-)) que nous rattrapons sur cette partie de parcours commune.
A la Roche de Mio, où j’entends un spectateur annoncer qu’il fait 0 degré (gla gla !), nous avons droit à un petit répit avant d’attaquer la montée au glacier. Petite descente de 200 m- qui repose un peu le cœur et permet de recourir à un bon rythme. Je me souviens bien toutefois qu’il faut s’économiser dans cette descente encore car la montée au glacier est assez ardue, alors j’en garde sous la semelle.
Au bas de cette descente, au col qui possède le charmant nom de La Chiauppe, se trouve le 2ème ravito. Là, je ne fais pas la même bêtise qu’au précédent : je m’arrête, mange et bois en quantité suffisante, et tente une nouvelle expérience (ah, ces débutants ;-)) : j’essaie de remettre de la poudre dans mon 2ème bidon pour avoir un peu de boisson énergétique pour le 2ème tiers de course. Avec deux mains gauches, le froid et un peu de vent, je crois que j’ai laissé échapper la moitié de mon stock par terre, un quart sur le sac… mais le dernier quart a fini dans le bidon, ouf ! J’ai été - ridicule pour y ajouter de l’eau même si je m’en suis versé un peu sur les pieds. Conclusion : le bonhomme a été comme le contenant : bidon (une bonne dizaine de coureurs viennent de passer) !
Bref, je repars malgré tout, après cette longue pause, requinqué. Je craignais un peu cette partie finale vers le glacier où les grosses caillasses, l’épais brouillard, la forte pente puis la neige glissante laissaient présager quelques difficultés. Mais finalement, je m’aperçois que je galère un peu - que les autres alors le moral est toujours au beau fixe.
-3 degrés au sommet (mais ce n’était pas le sommet ! :-() alors la pause au point d’eau est très brève, surtout qu’il y a encore quelques dizaines de mètres de dénivelé (cette fois ci exclusivement dans la neige) à gravir.
Le point culminant est situé au km 28 environ me semble-t-il et je l’atteins à midi (pas de pause pique-nique là-haut pour autant, même si le panorama doit être splendide par beau temps !). La descente peut alors commencer : -1000 m d’un coup. Ouille les cuisses !
Je descends toujours prudemment pour bien m’économiser les quadris avant la dernière remontée de 400 m+ vers le col de l’Arpette.
Au bas de la descente du glacier, on croise les coureurs qui y montent (les pauvres, me disais-je) avec lesquels on échange quelques encouragements. Ils ne le savaient pas mais c’est à eux qu’il fallait vraiment du courage à ce moment de la course parce que je n’aurais pas pu y retourner ! ;-)
Petit passage de nouveau par le ravito du col de La C. (le nom est trop horrible pour que je le réécrive ;-)). Cette fois, je suis rôdé ;-) : Pepsi, barre énergétique, eau. Et la descente continue sur cette partie de nouveau commune avec le Trail des 2 Lacs mais les concurrent(e)s de cette course sont déjà bien loin !
Je continue mon petit bonhomme de chemin, toujours un peu sur la retenue en pensant à la suite du parcours : le sentier est étroit, un peu technique mais surtout casse-g… (oups :-() jusqu’en dessous du lac du Carroley (le 2ème lac du Trail des 2 Lacs) où se dresse devant nous la dernière longue partie montante de la course (petit point d’eau bienvenu pour prendre un peu de forces avant cette montée de 400 m + qui en paraît 800 d’après la légende).
J’attaque tranquillement cette partie parce que les cuisses n’aiment pas trop les changements « descentes-montées »… Mais les cuisses de poulet ne sont pas encore grillées et le moral n’est pas encore descendu dans les chaussettes alors tout va bien.
Cette partie est assez vite avalée et me voici au col de l’Arpette. Youpi, me dis-je, plus que de la descente ! :-)
J’avais prévu de ne plus être trop sur la retenue à partir de ce point mais pensais être en pire état. Alors je laisse filer les jambes et la vitesse est bonne sur cette partie plutôt assez roulante, et toujours commune avec le Trail des 2 Lacs jusqu’à Plagne Bellecôte où nous rattrapons les tout derniers concurrents du « petit parcours » (22 km et 100 m+ tout de même).
Avant dernier ravito de la course. Une p’tite boisson sucrée, un p’tit morceau de gâteau et les 20 derniers kilomètres s’offrent à nous.
La descente se fait sur piste puis sur singles. Elle est facile, roulante et permet « d’envoyer ». Ça tape un peu dans les cuisses mais je me dis que la fin est proche (erreur ! :-() alors je continue sur un bon rythme. Les nombreuses relances (portions plates ou petits talus) se passent bien, ce qui me fait dire que je peux encore continuer ainsi à me faire plaisir.
Les kilomètres défilent bien au début puis je commence à trouver le temps un peu longs. Avec les indications kilométriques du parcours et celles de mon GPS qui sont assez différentes, je suis un peu perdu…
J’arrive toutefois assez rapidement à un point d’eau puis au ravito de Montchavin où je me sens encore bien. Comme d’hab’, un peu à boire et à manger et c’est reparti sous les encouragements sympathiques des spectateurs très patients (les 1ers sont passés depuis bien longtemps) !
Je demande aux bénévoles du ravito combien il reste de kilomètres, ils me répondent « 9 ! Cette année on s’est renseigné ! » Cool, je me donne (un peu prétentieusement :-() une p’tite cinquantaine de minutes pour rejoindre l’arrivée. Ça me ferait à peine + de 7h, ça me convient :-)
Je regarde mon GPS qui m’indique un peu + de 49 km. Je fais mon calcul dans ma tête (j’étais encore lucide à ce moment là ;-)) et me dis que vu que les indications kilométriques « officielles » sont toujours supérieures à celles de mon GPS, l’arrivée devrait intervenir au km 57 pour mon GPS. Alors je repars l’esprit confiant sans oublier de remercier les bénévoles pour leur bonne information.
Mais après quelques kilomètres encore parcourus à un bon rythme, je sens que je commence à être un peu cuit : les relances sont difficiles et le parcours est + vallonné que descendant. Je pousse fort sur mes bâtons dès que ça remonte un peu mais suis contraint de marcher assez souvent…
On sort enfin de cette forêt qui n’en finissait plus pour se retrouver sur une piste cyclable au bord de l’Isère. Je pense qu’il doit rester un kilomètre tout au + au vu de mon GPS alors je cours (doucement mais sûrement) vers l’arrivée. Devant moi, un spectateur glisse un p’tit mot au coureur qui est quelques mètres devant moi. Je me dis qu’il doit lui annoncer sa place… Arrivé à ma hauteur il me lance « allez, c’est bien, plus que 2 kilomètres ! ». Oh noooooon ! Pas tout ça ! Le physique faiblissait depuis quelques minutes et là le mental se met à flancher à son tour :-(
Vivement la ligne d’arrivée ! J’ai l’impression que les mètres de cette fin de course défilent à la vitesse des kilomètres du début. Mais je reconnais vite les rues d’Aime que j’avais quittées plus de 7h auparavant… Un dernier détour par les rues piétonnes et c’est l’arrivée, ouf ! :-)
Je franchis la ligne, + soulagé que content, un peu décomposé et pas très lucide aussi à vrai dire…
Conclusion de ce beau trail : 2 erreurs dans la gestion de ma course (le 1er ravito sur lequel je ne me suis pas assez attardé et le début de la descente après Bellecôte trop rapide qui m’a brûlé les ailes) mais globalement un effort régulier et sans souffrance.
Je prendrai ma revanche l’année prochaine si tout va bien ! :-)

written by christine, juillet 27, 2010
written by Stef, juillet 28, 2010
Rassurant tout de même de voir que la fin (avec les bosses dans les derniers km de la forêt) a été longue pour tout le monde ! :-)
written by Jerome, juillet 28, 2010
à de sacrées challenges, que tu réussis avec brio!!! Bon allez maintenant, donne nous le nom de ton fournisseur en produits, la MuleBar ca va un moment, mais c'est un peu lég' pour faire des perfs pareilles!!
written by Elga, juillet 29, 2010
Si tu avais pu mettre toute ta dose tu aurais certainement pu finir devant la 2 eme feminine!!! Ok t es resté Galant
!!!! En tout cas bravo pout ta course et ta perf!!!! L année prochaine tu montes d un cran l'Ultra 6000D!!!




