Après ma 6000D mi-figue mi-raisin, j’avais privilégié une bonne récup’. Ce fut donc vélo et natation la semaine suivante avec une reprise en douceur le samedi suivant par une petite sortie sous le soleil avec Chris, Hélène, Gael et Jéjé (sans oublier Kiri et Diva ;-)).
L’objectif suivant est lointain a priori : la Saintélyon, en toute fin d’année.
Mais dès le lundi je rattaque un entraînement normal : direction le stade (j’adore aller faire des tours de piste maintenant…). Les jambes sont lourdes et les articulations rouillées. Ouf, ça ne dure pas et le reste de la semaine se passe bien…
Entre temps, nous passons une soirée agréable à Sciez au bord du Lac avec toute la dream team d’XtraTRAIL.com, où les discussions tournent essentiellement autour de… la course à pied :-) Chacun(e) y va de son prochain objectif : CCC, Sierre Zinal, Sommand. Je me sens un peu seul, je n’ai pas de course prévue pour les prochaines semaines voire les prochains mois :-(
Alors quand vient mon tour, ben… euh… comment dire… moi ? Je ne sais pas trop, je vais essayer de faire le trail de l’Aigle normalement ?! Sans lamoindre conviction, je viens de m’inventer un objectif ;-) C’est la seule course dont je connaissais la date et qui se déroule à côté de chez moi… Je n’ose pas dire que j’envisage sûrement le petit parcours, de peur de me faire surnommer « Mickey » par Jéjé pour ma propension légendaire à préférer les petits parcours ;-) (la honte à côté de Chris et Fred qui se préparent pour la CCC, et de Hélène, Gael et Jéjé qui faisaient du jus avant Sierre Zinal).
Le lendemain, alors que je finis la digestion de mes filets de perche (miam miam, vivement le prochaon repas ! :-)), l’idée fait son chemin dans ma p’tite tête : tiens, pourquoi pas me dis-je ?! Allez zou, y a plus qu’à :-)
Je mets un peu de temps à finaliser mon inscription mais en début de semaine dernière l’inscription est postée à l’office de tourisme de Manigod. Ce sera donc le 11 km ! Non, non, Chris, il n’y pas pas de « 0 » après le « 11 » ;-)
Après une dernière semaine d’entraînement very light because un peu trop de travail (une séance de 50’ le vendredi, dur, dur le matin…), me voilà fin prêt et bien reposé.
De retour de déplacement le samedi soir à 20h, je me dépêche de préparer mon beau tee-shirt vert et blanc aux couleurs d’XtraTRAIL.com. Je vais enfin pouvoir l’inaugurer ! :-) Le reste des préparatifs sera bref : un p’tit short et mes Trabuco (il avait beaucoup plu le samedi !).
Dimanche matin, direction le col de la Croix Fry, au dessus de Manigod (« une des + belles vallées des Alpes » paraît-il. Un peu chauvins par là-haut, non ?). Après 15 mn de route et mon arrivée surplace, je constate que comme en bas, le temps est frais… euh non plutôt froid (entre 5 et 10° tout au +) mais le ciel plutôt clément pour l’instant. Ouf !
Je file retirer mon dossard et encourager quelques potes qui font le 27 km dont le départ est donné 45 mn avant notre course.
Notre course justement développe 11,2 km pour 530 de d+. C’est une boucle sur le plateau de Beauregard (délimité au Nord par Les Villards sur Thônes, à l’Est par La Clusaz, à l’Ouest par Thônes et au Sud par Manigod. Un peu de géographie, ça ne fait pas de mal. Oui, je sais, la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ;-)) : le parcours aller se fait sur des pistes forestières par la pointe de Beauregard puis la Croix de Colomban et le retour sur des singles en forêt par le petit Novard et les Mouilles.
Le parcours se décompose globalement en 3 côtes, genre « coups de c… » ou « talus » pour être moins vulgaire et 2 belles descentes un peu « casse-g… » (oups :-()
Je peux alors m’échauffer. Je retrouve mes p’tites habitudes : 15-20 mn de footing cool, quelques exercices de PPG, étirements. Retour à la voiture, je suis à la bourre. Argh ! Ca m’éneeeeeerve ! Je me change vite, je fais quelques petites accélérations pour faire monter le cœur car je sais que le début de course n’est pas plat du tout…
9h45, c’est parti ! :-) Cool, le départ n’est pas trop rapide même si 2 coureurs ont l’air pressés de rentrer ! Je me dis que eux aussi doivent être attendus pour pique-niquer le midi, hein Chris et Hélène ? ;-) La montée fait bien chauffer le moteur, mais pour une fois, je ne suis pas en surchauffe. Ah les bons conseils de Gael, merci ! ;-) Je sens bien que je ne me suis pas assez échauffé car je ne trouve pas encore mon second souffle. Je me contente de suivre le coureur qui me précède.
On fait quelques kilomètres ensemble. A la fin de la 1ère longue côte, il me prend quelques longueurs, je me dis tant pis, il va bien + vite que moi… A la faveur de quelques relances, je parviens à revenir sur lui juste avant la 2ème côte pour atteindre la Croix de Colomban. Là, dès le début de la montée, il marche. Je continue alors mon effort, j’essaie de rester régulier. Mais rapidement, je sens que mon cœur va exploser car le pourcentage est assez élevé, alors je marche un peu… Je relance dès que je peux mais ça fait un peu mal mine de rien. Je sens bien pourtant que je suis loin d’être cuit… pour une fois !
Après un p’tit plat bienvenu, nous atteignons la Croix de Colomban qui était de mémoire la fin du 1er tiers de parcours. Et là, la descente est vraiment périlleuse : de la terre bien humide et de la caillasse bien glissante. Je vois que le nouveau coureur qui me précède est en difficulté. Eh oui voyons, fallait pas mettre des p’tites chaussures de route voyons !
Le pas moyennement assuré, je le rattrappe et le double à la faveur d’un p’tit « tout schuss » involontaire. Mais comme il faisait partie des 2 pressés de début de course, je le laisse me repasser (on sait jamais, il m’invitera peut-être à son pique-nique ?!). Il m’avait demandé poliment la permission ;-)
Nous voilà alors au Petit Novard pour une longue côte qui va faire mal :-( Je nous crois à la mi-course (pour une fois, je n’ai pas encore regardé ma montre depuis le départ… C’est que je n’en ai pas encore marre et ne languis pas trop l’arrivée). Mon lièvre me prend quelques longueurs car il arrive à courir sur la majeure partie de cette montée bien raide. Je gère, je marche tranquillement et vu le rythme je prends le temps de regarder où on en est. Argh ! Plus que 3,5 km de course !
Bon, va falloir s’affoler. Mon binôme m’a lâchement abandonné… Mais poliment, il ne me prend pas trop de temps. Je bascule en haut de cette dernière bosse 20 à 30 m derrière lui.
Je connais bien la descente (même si j’ai eu du mal à bien évaluer sa longueur ;-)), mon heure viendra me disais-je… Pour une fois que j’ai encore un peu d’essence dans le moteur dans les derniers kil’ d’une course, va falloir en profiter.
Il y a quelques relances avant d’entamer les 2 derniers kil’ de la descente finale. Je m’accroche voire me fais violence car la dernière montée m’a bien fait chauffer les quadri.
Puis arrive un endroit propice pour accélérer (je me souvenais de ce passage lors de la reco du dimanche précédent, j’étais passé prudemment sur le côté du chemin pour éviter toute chute). La pente se fait raide et glissante, mon lièvre ralentit, je passe. Et là, bizarrement, plus mal aux jambes, plus aucune fatigue, un seul objectif : foncer vers la ligne d’arrivée ! :-)
Je croise quelques randonneurs, double quelques concurrents du 27. La plupart me glissent un mot. Je fais un signe de la main une fois sur 3 et réponds merci une fois sur 2... Pas très poli le gars :-( Désolé, j’étais pressé…
La descente est parfaite : un peu glissante et piégeuse, juste ce qu’il me faut pour prendre un peu d’avance sur mon poursuivant (pas envie de me faire rattraper ou doubler, ma grande spécialité :-(). La fin est proche, la route arrive déjà… Je fais quoi des forces qu’il me reste ? ;-) Je sprinte vers la ligne, petite descente, virage à gauche, petite montée et je franchis la ligne. Finalement, je suis cuit…
J’avoue, j’étais vraiment super content… Pour une fois, j’avais bien géré mon effort, j’avais couru avec ma tête ! :-)
J’avais un grand sourire avant de passer la ligne d’arrivée surtout parce que le speaker au moment d’annoncer mon arrivée a fièrement dit « je reconnais son visage, il était déjà là l’année dernière »… Eh non, pas du tout, l’année dernière, j’ai fait une seule course et ce n’étais pas à Manigod.
Mais j’y reviendrai avec plaisir… et sur le 27 cette fois-ci ! ;-) Les nouveaux parcours sont vraiment sympas.
Conclusion : il court vite ce beau tee-shirt ! :-)
PS : merci pour les p’tits messages d’avant et d’après course… C’est vraiment + agréable que les sourires crispés qu’on m’a fait à l’arrivée de la course……