N'ayant pas pu participer aux Allobroges je me suis inscris en dernière minute au trail de Faverges. RDV avec Stéphanie et Jérome à la Bergue à 6h20 et nous co-voiturons sympa jusqu'à Faverges. Jérome nous fais un petit pronostic: "Gilles en 3h30, Jérome en 4h et Stéphanie en 4h30".
On arrive à 7h25 à Faverges, on se gare sur le parking du supermarché et on presse le pas histoire d'assister au départ qui est donné juste au moment où nous arrivons sur la place. Je vois passer Gael et lui lance un encouragement mais elle ne me voit pas (de toutes façons elle ne m'avait jamais vu avant. Je l'ai reconnu aux couettes de course et au maillot XtraTRAIL).
On se dépêhce de récupérer les dossards et cuissards. Comme j'ai payé deux fois (une fois par chèque puis fais une inscription par Internet pour être sûr d'être dans les temps), on me propose soit de prendre deux cuissards soit de me faire rembourser. J'opte pour deux cuissards. Nous retournons à la voiture en cherchant la tente de chronométrage pour faire un petit coucou à Ludo, mais la ligne d'arrivée ayant été déplacée nous ne voyons pas la tente en question.
Retour à la voiture, on prend le sac, et on perd un peu de temps, le responsable du supermarché nous demandant, comme à d'autres de déplacer notre voiture. Échauffement en vitesse, un petit bonjour à Pelloche en passant, et retour sur le lieu de départ. Au passage nous remercions vivement la boulangerie/patisserie "Chevallier", qui nous a gentiment laissé utiliser ses toilettes juste avant de nous rendre au départ. Ils ne savent pas le temps et le stress qu'ils nous ont épargné. Je n'hésite donc pas à vous encourager à acheter votre pain et vos patisseries chez Chevallier à Faverges ;)
Je prends d'entrée une position stratégique sur la ligne de départ, puisque je me rends compte que, bien qu'aux environs de la 300ème place, je suis placé juste derrière l'avocat de mon maître de travaux que j'ai attaqué en justice pour finir ma maison il y a un peu plus d'un an. Je ne sais pas s'il m'a reconnu, j'hésite à lui dire bonjour (il nous a bien ennuyé, mais mon avocat m'a dit qu'il était super sympa et qu'il ne faisait que son boulot), mais par contre mon objectif est clair: il faut que je termine devant lui ;)
Discours, feux d'artifice, fumigènes, et pan le départ est donné. Concentré sur mon objectif, je dépasse l'avocat au bout de 50m, et remonte tranquillement le peloton en essayant de ne pas partir trop vite tout en me calant sur un rythme qui me convient rapidement.
Sorti de la route je me cale dans un peloton dont le rythme me convient bien, alternant course et marche. Je suis bien en course et je pourrais marcher plus vite, donc je suis content, je pense en garder sous la semelle car la montée et longue et la descente réputée interminable.
Au fur et à mesure que j'avance je prends confiance, le rythme me convient bien et j'en garde vraiment sous la semelle. Nous atteignons le premier ravitaillement en 1h09 (d'après les chrono). J'en profite pour prendre un gel et boire 3 verres d'eau pour bien le faire passer. Je repars. La pente est moyenne. J'hésite à courir. Tout le monde cours autour de moi. Je décide de marcher rapidement. Finalement cela me convient bien car environ 1km plus loin je reprends le groupe qui était juste devant moi et qui était parti en courant après le ravitaillement et je vais rester avec eux jusqu'au sommet.
Dieu que cette montée est longue, et raide également! Nous montons d'un bon pas. Nous sommes dans les nuages, enveloppés d'une petite bruine, mais il ne fait pas trop froid, par contre on ne voit pas à plus de 100m ce qui est dommage pour la vue.
Pas loin du sommet il est écrit "Allez Gillou" sur un grand panneau. Je n'en reviens pas Ludo à tenu sa promesse ;) Je prends l'encouragement pour moi ;) Et ce d'autant plus que je me mets à avoir mal à la tête. Ce qui m'inquiète un peu. Arrivé sur le plat je m'arrête au point d'eau pour prendre un peu d'eau et je repars en marchant. J'ai toujours mal à la tête et elle me tourne un peu. Je me dis que je dois faire un début de fringale. Je sors un gel et continue en marchant. Le groupe avec qui j'étais depuis bientôt 45 minutes me lâche. Je repars à en courant tranquillement, les jambes me font mal. Je décide de ne courir que sur le plat le temps de manger une barre (MuleBar).
J'arrive à l'épaule en 2h05, soit quasiment dans les temps que j'espérais atteindre, le photographe me souhaite bon appétit et je me lance dans la descente. C'est dommage que la vue ne soit pas dégagée car le cadre a l'air super. La bonne nouvelle c'est que la descente est agréable, glissante mais pas vraiment technique et surtout que mes jambes ont l'air de tenir et que j'ai récupéré du coup de barre.
Je descend à un rythme moyen, laissant un peu aller quand je peux et évitant de trop en mettre sur les jambes. Au bout de peut être 20 minutes de descente alors que je relance dans un petit talus qui monte, une crampe au mollet droit me saisi sans prévenir. Je dois m'arrêter net. Je marche un peu, je bois et je continue.
Vraiment bizarre ces crampes. J'en ai jamais à l'entraînement, je bois une petite gorgée toutes les 5-10 minutes en courant, j'ai une boisson que j'aime bien. Je suis étonné. Je repars tranquillement j'essaye de laisser aller mais les crampes reviennent. Je suis obligé de marcher de plus en plus souvent et je commence à me faire beaucoup dépasser.
Viens le second point d'eau. Je recharge le sac, je reprends un gel, je prends mon temps pour gérer les crampes quand je vois arriver l'avocat ;). Mince il faut que je reparte ;) Je prends mon temps en souriant de cet objectif débile. Je repars, 500m plus loin au moment de monter le talus au sommet duquel l'avant dernier contrôle est en place je me prends une crampe énorme à l'adducteur droit. La pente est raide. Je suis en appui sur le pied gauche et impossible d'étirer la jambe droite ne trouvant aucun appui fiable. Je monte tant bien que mal en boitant au sommet du talus. On me demande si je veux abandonner. Non pas question je vais gérer et aller au bout. Il reste 10 kms. 10 kms c'est pas trop long, mais 10 kms de crampes? C'est à ce moment que, rebondissement dans la course, l'avocat me double!
Je prends le temps de m'étirer à fond l'abducteur et je repars. 1km plus loin devinez qui j'aperçois en train de s'étirer sur le côté? Je me dis que je vais me pointer à côté de lui et lui demander en souriant "alors Maître on a des crampes?". Mais il repart avant que j'arrive, il a dû le sentir. Je le rattrape, je pense lui toucher un mot au moment de le dépasser mais là la pente est raide et j'ai tellement mal que finalement je passe sans rien dire (plus par timidité que mal-politesse quand même, je me dis que je lui parlerai à l'arrivée). Bon faut aussi que je tienne mon objectif ;)
Les 8kms qui suivirent me parurent, comment dire, longs. J'ai alterné marche et course, dès que cela remontait un peu, tirait dans un dévers je ne pouvais simplement plus courir, et le reste du temps je courais doucement. Sans compter sur les chèvres qui faisaient leur course peinard. Devant moi un bouc, précédé de deux chèvres et d'un chien. Le chien mène la course, c'est sûr il gère pour emmener le groupe jusqu'au bout. Impossible de passer, c'est un single track étroit. Je finis par bourrer le bouc, je suis un peu les deux chèvres que je double juste sur le bord à droite, à la limite de me casser la gueule dans la pente (heureusement que j'ai pas eu de crampe à ce moment car je serai passé en bas), et je finis par bourrer le chien qui bon joueur me laisser passer.
Je me dis que ce ne doit plus être long quand je reconnais le hameau qui nous avions traversé au pied de la première descente un peu raide. Et là je me dis "non il ne vont pas nous faire remonter là!". Et ben si! Ca passe beaucoup mieux que je ne le pensais, lentement sans bruit mais ça passe.
Enfin la descente est terminée, je me suis fais énormément doubler (d'après les passages intermédiaires j'ai perdu environ 90 places depuis les sommet) mais je sais qu'il ne me reste plus qu'un kilomètres. Par contre c'est plat et il faut retirer sur les mollets qui me lancent à chaque pas. A ce moment là je me demande en rigolant si je n'aurais pas mieux fais de simplement aller acheter deux cuissards Odlo en magasin. 100m plus loin je m'arrête un instant pour marcher quand une concurrent me lance en me doublant d'une voix très ferme et forte à laquelle je ne peux qu'obéir: "Alleezzzz tu vas pas t'arrêter. Il reste 2kms". Ca c'est une femme qui sait se faire obéir car je repars et 300m plus loin, plus de douleur. Je suis même pas trop mal (il faudra que j'apprenne à courir avec la douleur un peu plus). Mais sur la fin je reste à son niveau je ne vais pas la doubler car sans elle je serai encore 400m derrière.
Je passe la ligne d'arrivée pour voir le grand sourire de Ludo qui m'accueille. Franchement Ludo merci cela m'a fait vraiment plaisir. C'est vraiment avec beaucoup de plaisir que je vais lui serrer la main, alors que comme Gael, je ne l'avais jamais rencontré précédemment. Les douleurs sont maintenant oubliées.
Je termine en 3h44, un peu loin de mon objectif d'environ 3h25, mais bon ...
Je vais à la voiture chercher l'appareil photo pour photographier l'arrivée de Jérome en 4h10. Nous attendons Stéphanie qui arrive en plus de 4 heures 30. Elle termine en souriant (voir les photos) alors que, vraiment chapeau, elle a terminé la course alors que son genou la faisait énormément souffrir depuis le début de la descente (douleur qu'elle a depuis le trail du Salève), n'ayant pas voulu abandonner.
Viens ensuite Gael qui en termine avec le maratrail. Je ne peux la prendre en photo n'ayant plus de batteries.
On se retrouve tous pour un repas sympa, et on passe voir Ludo sous la tente avant de rentrer à la maison.
Aujourd'hui à un repas chez des amis je croise un ancien copain du collège (c'est vieux) qui est maintenant un ostéopathe reconnu et qui me dit que si je m'hydrate bien et mange bien et si les crampes viennent toujours du même côté (c'est le cas) alors il faut jeter un oeil à mon bassin et penser à se faire faire des semelles. Je vais essayer, en espérant que cela pourra m'aider.
PS: je remercie la jolie signaleuse qui m'a dit "Allez c'est terminé" à la sortie du chemin même si en réalité ça voulait dire "le chemin est terminé" car il restait un bon km de route ;)
Toutes les photos sont ici.
Deux autres ici de Steph et Jérome:
http://picasaweb.google.com/trail.faverge/SurLeParcoursSerie1#5494885389499643618
http://picasaweb.google.com/trail.faverges/ALArrivee#5493682095334992914